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janvier 16, 2018 / ninannet

Chronique « La Miraculée »

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Chronique de Annie Forest-Abou Mansour de l’Écritoire des Muses. http://lecritoiredesmuses.hautetfort.com/archive/2018/01/14/la-miraculee-6017492.html

« Le 4 octobre 2016, à trois  heures du matin, l’ironie du sort emporte la narratrice de La Miraculée, Annette Lellouche, dans une envolée brutale et inattendue. Aspirée par le vide, elle dévale inexorablement  les marches de son bel  escalier de marbre qu’elle voulait libre de toute rampe : « J’ai eu l’étrange sentiment que le vide m’aspirait. Qu’il me disait ‘viens’ dans un murmure. Que j’étais programmée pour un vol plané. J’étais une marionnette dont on tirait les ficelles de façon anarchique ». Cet escalier « majestueux », « le prince des lieux » aurait pu devenir son hypogée. Miraculeusement vivante,  elle est cependant grièvement blessée.  Une « année parenthèse » cruelle, éprouvante, suspend alors sa vie, ses activités habituelles.

Une fois rétablie, Annette Lellouche  témoigne de ce vécu physique et psychologique douloureuxrevient sur ce passé proche dans un ouvrage à la dimension autobiographique ouvertement revendiqué. Du traumatisme naît l’écriture, « le récit-témoignage », le souci de partager une expérience à laquelle chacun peut se heurter un jour ou l’autre. Annette Lellouche raconte pour témoigner de cette  épreuve, « de l’excellence de notre monde médical mais aussi de ses dérives »,  et également pour chasser un souvenir désagréable par le biais d’une parole exorciste,  mettre un sens sur une expérience négative, voir la vie différemment, aller à l’essentiel  (« Mon Accident fut le moment le plus propice pour me dessiller les yeux et regarder en face la réalité de la Vie ») en s’impliquant et en impliquant le lecteur. Des exergues en tête de chapitres mettent l’accent sur le caractère fragile et précieux de la vie que l’humain insouciant et inconscient de sait pas toujours savourer : « En te levant le matin, rappelle-toi combien précieux est le privilège de vivre, de respirer, d’être heureux » de Marc Aurèle ». Un accident, généralement absurde,  est souvent l’élément catalyseur révélateur du caractère  éphémère et magique de la vie.

Dans La Miraculée, Annette Lellouche n’est plus dans le pur  littéraire comme dans ses précédents ouvrages. Le fait vécu  a été tellement terrible, insupportable (« (…) je n’ai jamais eu aussi mal de toute ma vie. Tout mon corps gémit, brisé »), la  rééducation tellement difficile, éprouvante,  que l’ouvrage ne doit pas être dans l’ordre de l’esthétique. Il faut avant tout raconter, utiliser les mots du quotidien et dire simplement : l’intense douleur, les soins intensifs, l’empathie, la compréhension, l’efficacité des pompiers, la compétence des soignants, les dérives de certains, l’inefficacité de quelques kinésithérapeutes,  le soutien chaleureux d’amis réels ou virtuels rencontrés sur les réseaux sociaux… Puis, progressivement, au fil des pages,  l’humour colore les mots. La narratrice n’est plus engluée dans la douleur. Le recul s’impose dans un ouvrage,  leçon de vie et  de courage. Il faut toujours garder confiance, se battre pour sortir des ornières que l’existence ouvre parfois sous nos pas et déguster les éclats de bonheur qu’elle nous offre. L’optimisme de la battante qu’est Annette Lellouche triomphe comme elle-même  a triomphé de son accident. »

 

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