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janvier 15, 2016 / ninannet

BRAISES

Matinée théâtre au Carré Gaumont avec plusieurs classes de collégiens du Collège Berthie Albrecht de Ste Maxime, d’un collège de Cogolin, d’un collège privé.

J’ai été invitée à assister à la pièce de théâtre BRAISES de Catherine Verlaguet – Mise en scène de Philippe Boronad, Directeur artistique du Carré Gaumont à Ste Maxime.

J’y suis allée avec beaucoup de plaisir et d’impatience car je savais que j’allais rencontrer le metteur en scène Philippe Boronad. J’en suis ressortie troublée et très émue.

BRAISES : « Leïla face à son miroir s’apprête pour son mariage, tout en demandant de l’aide à sa mère, une femme qui soliloque à longueur de journée, car le destin tragique de sa fille ainée l’a brisée. Naïma la grande sœur est la braise qui empêche Leïla la cadette d’être heureuse. Épouser le promis de sa sœur morte n’est pas chose facile. Naïma revient d’outre tombe pour crever l’abcès « il faut qu’on s’explique ».

C’est un pari osé de jouer cette pièce à notre époque difficile, les incompréhensions, les clans qui se forment, les pour, les contre, les amalgames, les « pasdamalgames », les bons, les mauvais qui attisent les peurs… Il faut quand même savoir que cette pièce a été écrite avant 2015, l’année de tous les maux pour ne pas dire l’année maudite. Aussi je salue le courage de tous les intervenants qui se mobilisent pour que cette pièce continue à être jouée, pour que la jeunesse comprenne que tout n’est pas blanc, ni noir. La vie a ses couleurs, ses douleurs et ses bonheurs.

Trois femmes sur scène, Manon Allouch, Leïla Anis et Aïni Iften, nous emportent dans un tourbillon de questions/réponses ou de questions sans réponses. Car les enjeux sont lourds. Qui de la tradition ou de la modernité l’emportera. C’est finalement le drame armé par la bêtise humaine qui mènera le bal. Le malaise toujours latent qui habite leur personnage est perceptible de nous tous. Naïma conclura pour apaiser sa sœur « ce n’est pas de ta faute, ce n’est pas de ma faute ».

Leïla est pour les traditions; elle va épouser le promis venu du pays, autrement dit du bled, refusé par sa sœur, amoureuse d’un Jérémy, « un français », disant d’elle-même « je suis française ». Naïma est pour son émancipation, sa liberté, tout ce qu’on lui enseigne à l’école laïque, par exemple que tous les hommes naissent égaux, que les femmes ont un corps qui leur appartient, pourquoi pas elle ?

Les dialogues sont percutants de justesse. Mais oui, c’est vrai ! Ce que je j’entendais là, ces répliques, on les entend dans la vie de tous les jours. Ce chant berbère qui raconte la cérémonie du mariage et qui est interprété par la maman est envoutant.

Alors je me suis demandé « que faut-il faire pour que toutes ces tensions s’apaisent, pour que chacun puisse vivre selon ses traditions, ses engagements, ses désirs, dans un respect mutuel. Quel miroir pourrait refléter un jour un monde plus juste » ?

Le travail de Philippe Boronad mérite d’être salué. Il est présent à toutes les représentations, il explique, il questionne, il fait parler les collégiens. C’est un très beau cadeau. Les collégiens ont applaudi, posé des questions très pertinentes car ils se sont sentis concernés.

Je pense sincèrement qu’il y a eu une très belle prise de conscience collective. Un petit pas vers un monde que j’espère meilleur.

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