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décembre 1, 2015 / ninannet

Le hasard ?

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La réalité aura-t-elle une résonnance plus lumineuse que le rêve ?

Je m’étais posée la question avant d’aller à la rencontre des Collégiens du Collège Berty Albrecht à Sainte Maxime ce vendredi.

Tout d’abord je voudrais présenter ce collège, rattaché à l’Académie de Nice et qui accueille cette année 717 élèves.

« Qui était Berty Albrecht ? Née à Marseille le 15 février 1893 dans une famille protestante venue de Suisse (les Wild), elle appartient à la bonne bourgeoisie marseillaise. Infirmière de la Croix-Rouge, Berty joue un rôle important dans les hôpitaux militaires pendant la guerre 1914-1918… Arrêtée deux fois en 1942 par la police de Vichy, elle parvient à s’échapper. Elle écrit à son mari : « La vie ne vaut pas cher, mourir n’est pas grave. Le tout, c’est de vivre conformément à l’honneur et à l’idéal qu’on se fait. »…

Les valeurs qu’elle incarne –dévouement, engagement pour les autres, don de soi, courage, lucidité dans l’action, opiniâtreté dans les combats contre l’inacceptable- si elle les a portées à un niveau exceptionnel, sont celles de la République, celles de la citoyenneté. Elles doivent donc, naturellement, constituer le fondement d’un projet éducatif actuel et moderne, le nôtre. Et si nous avons choisi de donner le nom de cette femme, exemplaire à plus d’un titre, à notre collège, c’est pour ne jamais l’oublier. Le Principal ». (Extraits de la biographie élaborée par le Principal du collège).

Est-ce le hasard qui m’a fait rencontrer Madame Florence de Germont, Directrice de la Médiathèque de Sainte Maxime, lors d’une intervention de l’Unesco animée par Michel Nobles, que je salue amicalement au passage ?

Est-ce le hasard si Madame Florence de Germont a tout de suite senti que mon vécu littéraire intéresserait Madame Tatiana Berg ? Madame Tatiana Berg est professeur de Français d’une classe de 3ème ainsi que d’une classe artistique de 6ème et 5ème.

Est-ce le hasard si Madame Tatiana Berg a eu un coup de cœur pour mon histoire et qu’avec sa classe de 3ème, elle a voulu la partager dans un travail pédagogique ? Et justement dans ce Collège Berty Albretch où je me retrouve complètement dans ses valeurs ? « Il n’y a rien de plus triste qu’une vie sans hasard » de Honoré de Balzac.

Et c’est ainsi que depuis la rentrée de septembre 2015, 29 collégiens étudient mon roman « retourne de là où tu viens ». C’est tout un symbole ! Moi, la petite fille aux pieds nus, précoce et surdouée, j’ai dû interrompre mes études, intégrer le monde des adultes à l’âge de seize ans au lieu de passer mon Bac, mais je n’ai jamais cessé de me cultiver. En cours du soir pour adultes, en lectures. Pour assouvir ma soif d’apprendre. Aussi, combien fut profonde ma blessure lorsque, lors d’un concours littéraire, je fus harcelée toutes les semaines par mails anonymes du genre « tu es la honte de la littérature, tu ne feras jamais partie de notre monde… Retourne de là où tu viens »…

Vendredi donc, face aux Collégiens accompagnés du corps enseignant, mon émotion était à son comble. Ma voix au début était mal assurée mais une fois dans le bain, j’ai pris une cure de jouvence.

Je tiens à saluer le comportement exemplaire de tous ces collégiens. Je m’attendais à un peu de chahut, normal quand on a 15/16 ans. Pas du tout. Ils me dévoraient des yeux, m’écoutaient avec une attention accrue au fur et à mesure de nos échanges…

Dans l’emballement des discussions, j’ai appris encore tant de choses sur moi. Madame Florence de Germont m’a fait remarquer que cette rencontre allait refermer ma blessure puisque en toute légitimité « je fais partie du monde littéraire ». La boucle est bouclée. C’est aussi ce que je pense. Madame Tatiana Berg m’a fait remarquer que dans tous mes écrits, la pluie est présente… Mais une pluie salvatrice… Symbole de l’eau dans la terre… qui fait germer… et émerger… Quel paradoxe !

“Tant que vous n’avez pas été embrassé par un de ces pluvieux après-midis parisiens, vous n’avez jamais été embrassé.” de Woody Allen. Quel paradoxe !

Ensuite, on a demandé aux élèves de donner quatre mots qui leur paraissent importants. Les miens sont : L’arbre (la nature), l’oiseau, le chat, (les animaux) et la pluie, qui a toujours été mon alliée.

On m’a demandé aussi si le titre du roman a été facile à trouver. J’ai commencé mon récit par le titre, tant le rejet des autres que je subissais était douloureux et injuste !

On m’a également demandé si j’avais une astuce pour lutter contre le syndrome de la page blanche. J’ai tant à raconter que je n’ai pas encore rencontré ce problème et peut-être que la solution se trouve là : Écrire non stop … puis faire le tri… Et c’est souvent un crève-cœur d’effacer certains passages… Mais épurer un texte est nécessaire.

Deux heures, c’est si vite passé ! Merci à Madame Florence de Germont et à Madame Tatiana Berg pour leur investissement personnel afin de donner le meilleur à nos collégiens et à leur accompagnement lors des discussions. Elles ont été admirablement complémentaires et surtout excellentes ! Quel bonheur de savoir que je vais très bientôt les retrouver pour une rencontre où le hasard a mis son grain de sel.

Et pour terminer, je voudrais citer Friedrich Nietzsche « Nul vainqueur ne croit au hasard ».

J’ai vaincu mon adversaire anonyme, non pas par hasard, mais par ma détermination et ma confiance en moi, tout en restant humble. Je le devais à tous celles et ceux qui m’ont donné ma chance.

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