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novembre 16, 2014 / ninannet

Hannah

« Dans la vie il est plus facile de commencer que de s’arrêter » de Pablo Picasso

Je vous le dis tout de go « la clé de l’embrouille » n’a pas gagné le Prix des Marseillais. En toute objectivité, même si ma naïveté m’encourageait à y croire, je n’avais aucune chance. Le gagnant est … un énième livre sur la grande guerre. L’année du centenaire de la guerre 14/18… Ceci explique cela. Peuchère !

Je n’en ai pas perdu mon sourire pour autant. Si je devais choisir entre gagner le concours et mes rencontres fabuleuses de cette journée, le choix serait vite fait.

En ce samedi matin, à la librairie, je fis une première constatation, les lecteurs ont commencé leurs achats de Noël. J’ai ressenti l’euphorie, le plaisir d’offrir, la générosité de Christine, de Monique, de Évelyne, de Heidi et Martin, Arthur et beaucoup d’autres. Ma table se dégarnissait de mes livres vite fait, bien fait…

Pas facile d’arrêter une journée si bien commencée… Pas le temps de déjeuner non plus, il me fallait affronter les embouteillages de Marseille pour rejoindre l’Espace Bourse où allait se passer la deuxième partie de ma journée de dédicaces. À mon arrivée le RDC grouillait de monde. Belle deuxième constatation… Les Marseillais sont venus aussi nombreux que l’an dernier.

Étant quelqu’un de très pragmatique, je suis dubitative lorsqu’on me parle de contacts avec l’au-delà, des tables qu’on fait tourner… Ce n’est pas pour moi. Je ne crois que ce que je vois. Même si le ciel me fait parfois des cadeaux inattendus… Je les accepte sans me poser de questions. Sûrement mon éducation méditerranéenne … Le Destin…

Et pourtant il m’est arrivé quelque chose de très émouvant samedi en fin d’après-midi. Je commençais à ressentir la fatigue d’une journée de dédicaces… dans les courants d’air, le brouhaha des discussions des uns et des autres, les Marseillais sont très démonstratifs de leur plaisir de se rencontrer. Un bourdonnement transformait L’Espace Bourse en ruche !

Soudain un moment d’accalmie, ça fait du bien me dis-je. Une fillette d’une dizaine d’années, accompagnée de sa maman, m’observait de loin, figée. Je ne pouvais pas la rater, le vide intégral s’étant fait autour de moi. Je ne saurais dire le temps que cela a duré, une poignée de secondes ou plus. Je l’ai vue murmurer quelque chose à sa maman puis elle s’est avancée vers ma table. Nous nous sommes regardées; ses yeux plantés dans les miens me perturbaient. je ne trouvais pas mes mots; je cafouillais… Un sentiment complexe m’animait que je mis sur le compte de la fatigue. Sa maman me dit très étonnée « ma fille lit encore très peu, elle désirait rentrer très vite à la maison, refusant de s’arrêter devant les auteurs, ne voulant pas de livres et je ne comprends pas son revirement ». Rapidement je repris mes esprits. La petite fille, en silence, écouta ma présentation de la trilogie. Quant à moi, je n’avais pas encore entendu le son de sa voix. Bizarre cette sensation d’être tirée en arrière dans un autre espace temps. Et le choc vint au moment de la dédicace à l’énoncé de son prénom Hannah. Hannah avec un H, avant et après les 2 A, me précise-t-elle sortant brusquement de son mutisme. Mon stylo est resté le nez en l’air comme tiré par un fil invisible. J’ai écrit cette trilogie pour rendre hommage à mon grand-père et c’est comme ça qu’il m’appelait. Il prononçait le H du plus loin de son gosier… le son guttural venait de son coeur.

Hannah s’est mise à parler, parler… aussi bavarde que moi… Elle était moi, j’étais elle… Je ne savais plus…

Pour finir, désirant plus que tout grader le contact, je lui ai proposé de me téléphoner après lecture de la trilogie, mais elle m’a répondu « je préfère vous écrire, je vous écrirai lorsque j’aurais fini de lire les livres ». Une future auteure ???? Est-ce que c’est mon grand-père qui l’a mise sur ma route ? Je l’ai regardée s’en aller. Elle emportait un bout de moi, à n’en pas douter… me laissant songeuse.

Oui c’est facile de commencer… mais arrêter je ne pourrais plus…

Couv_Gus

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  1. A reblogué ceci sur jean-louis.riguet-librebonimenteuret a ajouté:
    Une petite fille sous le charme des mots et la musique de l’écriture !

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