Skip to content
décembre 28, 2013 / ninannet

Lettre au Père Noël

« Aimer c’est doubler son regard » de Natalie Clifford Barney

 Cher Père Noël,

Te voilà de retour chez toi. Je suis sûre que tu as fait de ton mieux. Bien sûr tu n’as pas pu passer chez tout le monde. Comment peut-on en si peu de temps satisfaire autant de souhaits ? Même avec la meilleure bonne volonté, on oublie certaines fenêtres où des regards hagards attendent l’éclaircie. Pourquoi pas eux ?

Il me vient une idée folle. Et si on faisait Noël dans chaque département français à des dates différentes ?

– En avril ? Poisson d’avril ! Alors c’est Pâques qui râlerait. Ah non ! En Avril c’est pour nous les œufs dans le jardin.

– En mai c’est la fête des mamans, les fleuristes en tête ne seraient pas d’accord. Les douces mamans qu’il faut fêter impérativement ! Que de souvenirs défilent dans ma tête.  UN m’a faite… Ad vitam aeternam !

– En juin la fête des papas. Bien sûr pas autant d’engouement, encore que… Les papas d’aujourd’hui assument à fond leur rôle de père pluriel, de pères omni présents. Chut maman travaille !

– Juillet et août, les vacances, les sacro saintes vacances. Destinations programmées longtemps à l’avance pour les pâtés sur le sable, les vagues à surfer…

– Septembre c’est la rentrée scolaire, pas le temps de batifoler, les longues listes de livres à acheter. Je me souviens du temps passé à recouvrir livres et cahiers, à coller une étiquette avec le nom des enfants d’une écriture très appliquée. Aujourd’hui qu’en est-il de cette habitude ? Là je suis hors sujet.

– En octobre, en octobre en octobre … tiens pourquoi pas ? Pas question s’insurgent les régions où en forêt il fait bon fouler les feuilles mordorées jonchant le sol et crissant sous nos pas, ou celles où on va ramasser les châtaignes dans les bois. Pour ensuite les déguster en se brûlant les doigts. Juste avant la rigueur de l’hiver, c’est important.

– En novembre, les petites filles et les petits garçons promettent d’être sages… sinon le père Noël… déjà des promesses électorales difficilement tenables.

– Décembre, n’en parlons pas… la folie douce est déjà mise sous orbite. Les rayons regorgent de tentations. En un mois tout doit disparaître… Pas juste s’écrient alors tous ces joujoux qui de toute façon finiront piétinés, sous le lit ou tout simplement à la cave ou au fond du jardin faute de place. Ah nouveauté, refourgués par Internet… Avec des raisons parfois non avouables.

– Janvier, détox, nostalgie et souvenirs s’installent durablement avec l’espoir d’une année meilleure, à l’instar des bonnes résolutions vite oubliées car faites un soir d’ivresse.

– Février, oui ce serait formidable. C’est la fête des Amoureux. Ceux de Peynet ont ma préférence. La fête de l’Âmour ! Et puis l’hiver s’éloigne, chassé par un soleil insolent et un ciel bleu séducteur… les beaux jours se profilant à l’horizon.  Noël en février j’aimerais assez !

– Mars, c’est la fête des mamies… Et là il y aurait tellement à en dire. Celles qu’on vénère et celles qu’on oublie. La faute à qui ? À l’égoïsme ambiant, à l’incompréhension, aux non-dits. À ma porte il y a une adorable vieille dame qui ne sait même pas où vivent ses enfants, ni si même elle a des petits-enfants. Pour toute compagnie, son petit chien noir et blanc qu’elle promène avec amour. Tout l’amour qu’elle ne peut prodiguer qu’à cette petite bête qui est tout sauf ingrate. Elles se tiennent chaud. La vieille dame ne se plaint jamais. Cependant, dans ses yeux délavés par tant de larmes écoulées en catimini on peut y lire détresse et solitude. Elle me touche à un point tel que finalement, Noël en mars ? Non en décembre c’est très bien.

 

Je sors brutalement de ma rêverie. C’est quoi cette manie de vouloir toujours changer l’ordre établi ? La vie n’est-elle pas déjà assez compliquée comme ça ?

C’est juste que j’ai été gâtée de janvier à décembre en cette année 2013. Tellement, qu’une grande confusion s’empare de mon esprit. Pourquoi moi et maintenant ? Parce qu’il faut du temps et tant de patience pour recevoir Noël.

C’est juste que je voudrais dire aux enfants qui souffrent, déchirés, tiraillés, ballotés, pris injustement dans la tourmente haineuse des adultes, gardez tout votre courage et ayez confiance en la VIE.

Père Noël, mon coeur déborde de gratitude. Merci. Je vous en prie, maintenant, pensez plutôt à eux et vite !  VITE !

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :