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septembre 3, 2013 / ninannet

Les Liens

« Celui qui ouvre une porte d’école, ferme une prison. » de Victor Hugo

 

Demain toutes les portes des écoles vont s’ouvrir sur l’avenir de notre jeunesse, notre force vive.

Des enfants vont pleurer en quittant leur protection maternelle, d’autres vont serrer les dents pour ne pas montrer leur désarroi. D’autres encore vont y entrer l’esprit confiant, l’œil vif et la tête bien droite.

Je me souviens de mes premières rentrées scolaires, c’était ma délivrance. Je savais que là serait ma liberté … Je le sentais intuitivement.

Il faut dire que j’ai eu la chance d’être « éduquée » par des maîtresses qui méritaient bien leur titre « LA maîtresse ». J’utilise sciemment le verbe « éduquer ». Ne dit-on pas l’éducation nationale ? Son rôle est primordial mais pas exclusif. Les parents ont un rôle aussi important à jouer. Beaucoup démissionnent, hélas. Il est vrai que pour certains les temps sont si durs !

Je me souviens, enfant, je revenais à la maison et je disais sur un ton très solennel : « la maîtresse a dit », « la maîtresse veut que… », « la maîtresse a expliqué pourquoi… », « la maîtresse m’a donné un bon point », la récompense suprême.

Et là j’étais la reine d’un jour à la maison.

Et là j’avais compris le processus… travail = la récompense suprême !

Mais les petits-enfants des baby-boomer ne réagissent pas de la même manière. Ils ne sont plus aussi malléables que nous l’étions à notre époque. La télévision, les jeux vidéo, les téléphones portables sont passés par là. Ils sont, pour le plus grand nombre, voués à eux-mêmes, seuls, dans cette marée virtuelle et inhumaine.

Il faut être à leur écoute. Aujourd’hui encore plus qu’hier !

Hier on disait « les surveiller comme le lait sur le feu », aujourd’hui on ne fait plus bouillir le lait, il est stérilisé à haute pression, il n’est plus en bouteille de verre il est en briquette jetable. Tout est dans l’instantané et l’éphémère. Tout est compacté, même l’existentiel. Les mots changent, les méthodes changent, les sentiments changent. Les liens se délitent de plus en plus.

N’exagérons rien, sinon nous tomberons dans le désespoir et la vie n’est que « des-Espoirs ».

Chaque fois que je rencontre des enfants qui me disent « je ne lis pas » ou « je n’aime pas l’école », je tends l’oreille. J’essaye de comprendre ce qui n’a pas fonctionné. Et chaque fois qu’un enfant repart, après m’avoir écoutée, et que j’ai réussi à lui arracher une promesse « d’essayer » de changer d’avis, je suis infiniment heureuse, la gouttelette dans l’océan.

 

En cette semaine de rentrée des classes, Chères maîtresses de mon enfance, ma gratitude vous est acquise à vie.

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