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juin 19, 2013 / ninannet

Zinzolin – 4

Photo reçue de l’organisatrice Odile Nobles de l’Asssociation 1.2.3.couleurs à Cucuron. Pendant que tout le monde prenait l’apéritif moi je travaillais  !!! Mais je me suis rattrapée ensuite. Du pastis allongé à l’eau de source du lavoir ça ne se refuse pas ! (à boire sans modération, je parle bien sûr de l’eau limpide et très fraîche de Cucuron).
« Un soir d’été en Sardaigne » a remporté la palme à Cucuron. Une jolie histoire d’amour, de coups de foudre et de rêves encore plus vrais que la réalité. Qui dit mieux par les temps qui courent ?
 
Suite et fin de Zinzolin :
Sylvie le rabroua : « Fi ! Chevalier Jean-Louis, un peu de patience ! Vous avez beau dire, vous êtes enfermé dans ce château hanté depuis bien moins longtemps que moi! Si Annette avait été assidue à sa leçon de couture, nous n’en serions pas là ! Car c’est bel et bien ce petit trou dans son escarcelle qui a provoqué la fuite de zinzolin qui nous a conduits où nous sommes. Je suis donc bien aise que ce soit elle qui vienne nous délivrer avec sa montgolfière qu’elle aura, j’espère, cousue un peu mieux que le fond de son escarcelle, sans quoi nous risquons une très malencontreuse précipitation … au sol. Et tandis qu’Annette s’en va dîner avec Nicolaï, je vous propose, Chevalier Jean-Louis de tromper le temps en regardant avec moi, « Pimprenelle et Nicolas». Pompopompompom. Bonsoir les enfants ! Regardez ! C’est Nounours ! Peut-être voleront-ils à notre secours ?
 
Annette, estourbie par sa chute dans l’arbre à palabres, ouvre un œil puis l’autre et découvre ravie une belle forêt plantée de colchiques dans les prés, de jolis coquelicots mesdames, de muguet il est revenu le temps, et de roses blanches que les mamans aiment tant ! Le Boléro de Ravel emplit son cœur de sonorités nouvelles. Où suis-je s’interroge-t-elle tout haut ? Alice, bienvenue au pays des merveilles lui annonce une voix suave. Mais je ne suis pas Alice, s’insurge-t-elle ! Mais si Alice, Annette que des A d’amour. Non se rebiffe Annette ! A de amitié et mes Amis m’attendent. Je dois les libérer. Où est passé Nicolaï ? Il m’a conté fleurette, m’a fait danser sa calembredaine et trois petits tours et puis s’en va, m’a laissée tomber. Il reviendra j’en suis sûr ! Hein Nicolaï, tu reviendras s’écrie-t-elle en soupirant ! Elle se baissa pour cueillir un joli bouquet de fleurs parfumées, se cogna la tête sur une pierre qui se transforma en carrosse conduit par son bel ami Nicolaï ! Alleluia !
 
Sylvie regardait désespérément la scène qui se déroulait au pied du château : Quelle ne fut pas sa stupéfaction quand elle s’aperçut que le carrosse d’Annette était tiré par les trois petits cochons qui tiraillaient chacun de leur côté, prétendant chacun d’aller en direction de sa propre maison. Annette se trouva donc projetée à vive allure dans une tour du château dont les fantômes, épouvantés, commencèrent à s’échapper. Sylvie derrière ses barreaux, de sa tour tout là-haut là-haut, regardait, divertie, le spectacle infini, tandis que le Chevalier Jean-Louis n’avait pour en profiter, que l’ouïe, car étant arrivé le dernier, il s’était vu attribué une cellule sans baie vitrée. Après trente tours de la tour, Annette avait un peu mal au coeur et les petits cochons, essoufflés, décidèrent de s’arrêter. S’arrêter net? demanda Annette. Pas question! Foi de cochon, où je vous transforme en andouillette avec ma baguette de bette!! Annette avait perdu la tête, pensa si fort Sylvie qu’elle alerta Jean-Louis.
 
Jean-Louis : « Qu’ouïs-je ? Qu’entends-je ? Je ne vois rien, pas de fenêtres, juste une porte fermée à double barre. Une petite faim se fait sentir, je mangerais bien une andouillette. J’entends des groins groins, on dirait des petits cochons. Il y a aussi des roulements de roues sur le gravier de la cour du château. Peut-être un carrosse. Quel est le beau prince qui vient sauver ma reine ? J’espère qu’il ne m’oubliera pas. J’entends des pas sur les marches de l’escalier. J’entends tourner une clé dans la serrure. La lourde porte s’ouvre enfin. Un homme à la mine « pas tibulaire » du tout entre et me fait signe de le suivre. Je descends les marches et je vois à l’étage en dessous Annette avec ses petits cochons venus me délivrer. Je lui demande où se trouve ma reine Sylvie. Elle me répond : « en lieu sûr. Je viens de la délivrer avant toi. » En descendant l’escalier, je me confie à Annette : « cela fait longtemps que j’attends cet instant et plus longtemps encore pour Sylvie. Mais toi, que t’est-il arrivé ? » Annette me conte son histoire qui me met en appétit : « je mangerais bien une andouillette … » « Toujours aussi terre à terre Jean-Louis » me répond Annette. Après les aventures que vous m’avez fait courir les filles, je peux bien me restaurer un peu. Foi de chevalier ! Je me tais soudain pensant qu’il serait inconvenant de proposer à mes reines le repos du guerrier. J’en deviens tout attendri.
 
Annette le sait qu’elle a perdu la tête et les pédales ! Elle pédale dans la choucroute de bettes car sa baguette magique a fait des petits et d’un coup d’un seul se jette dans le vide. Elle avait aperçu Nicolaï qui lui faisait signe, « saute » l’enjoint-il ! Elle avait entendu le chevalier Jean-Louis qui lui criait « vas-y si le coeur t’en dit » et Sylvie l’aida un peu d’une tapette sur les fesses « et hop, sans chichis ni falbalas »! Atterrir sur la tête de Nicolaï n’était pas prévu mais la vie est compliquée parfois ! Nicolaï fatigué par cette aventure sans queue ni tête où il faillit bien perdre la sienne, remonta dans son nuage en emportant avec lui Annette et d’une volée magistrale jeta une poignée de Zinzolin conservée dans sa poche bien cousue. L’univers prit les couleurs de l’arc en ciel pour permettre à Nicolaï et Annette d’aller porter leur cargaison de mots sans ambages, Pimprenelle et Nicolas, emportés par Nounours qui décida que le marchande sable ou de zinzolin était passé … rebroussèrent chemin. Sylvie et Jean-Louis, faisant contre mauvaise fortune bon cœur, décidèrent de mener une vie de château sans payer la moindre dime. Pirouette, cacahuète.
 
Pascale marmonna : « quelle histoire !  Ai-je tout compris ? Un chevalier sans peur vole au secours de reines perchées, reines un tantinet emberlificotées dans leurs baguettes magiques. Une montgolfière superbe et fière, redondante et colorée survole le champ de coloquintes à peine écloses. Que de carabistouilles cocasses ! Un château dans les nuages tintinnabule au son des rires d’enfants. Des milliers de petites graines caracolent dans un champ de mots joyeux et farfelus. Les farfadets sautillent de joie et attente potron-minet pour s’endormir dans ses bras. Que de calembredaines loufoques ! Les mots se fardent de couleurs, se prennent à voler, s’engouffrent dans le carrosse des petits cochons et vivent une extraordinaire épopée. Au pays des caramboles et de la farigoule, tout prend racine !
 
Nicolaï qui avait raté quelques événements de cette folle journée déchargea sa cargaison de bons vieux mots en faisant des commentaires à la belle Annette pour l’impressionner : « les deux pies jumelles Agasse et Jacasse m’ont tout raconté, les Reines prisonnières, le château hanté déserté par ses fantômes morts de peur, et le Chevalier Bartaban ceint de sa chère vieille rapière, sur et parfois sous son cheval Bayard… la baguette magique toute en bette, la montgolfière et tout ça et tout ça ! Qu’ai-je donc fait de déserter en une pareille journée ? Mais la reine des pies, la Grande Jorasse, a plutôt vu elle, des enfants. Huit ou dix ans au plus, déchaînés à la récré, rouges, essoufflés, décoiffés, jouant avec ardeur « à la princesse ». Il y a là un mystère : des enfants, Fanfan ? Ou des adultes Dudule ? Tandis qu’un ou deux revenants du château se demandent s’ils ont fumé de la feuille de bette, le grand Perlimpinpin, expert en poudres s’il en fut, rappelle que le mélange zinzolin-andouillette peut produire des effets magiques incontrôlables !
–  « Qu’allez vous chercher là ? Mon bon roi. Mais vous n’y comprenez rien ! Enfants (Fanfan) adultes (Dudule), c’est la même chose !
– Mais si mais si ! Avec une ribambelle de mots, un stylo ou un ordi, et de la sympathie, surtout de la sympathie, vous abattez le plus redoutable des ennemis : le temps. »
– Vous croyez ? dit Annette. C’est ça, la machine à remonter le temps ?
 
Sylvie ne put s’empêcher d’ajouter : « c’est joli comme un berlingot tout ça ! Mais le zinzolin a des effets secondaires, j’avais oublié de vous prévenir. Il donne une certaine accoutumance. Et comme nous en avons tous respiré, à cause des leçons de couture qu’Annette a « buissonné », que sa besace était percée … »
 
Annette se rebiffa. Était-ce sa faute si à force de remplir son escarcelle de mots merveilleux elle avait fini par la faire déborder ? Zinzolin passa par dessus bord et arriva ce qui arriva. Elle  ignorait tout de la dangerosité de Zinzolin sinon elle y aurait pris garde. Elle ne manqua pas de lui dire :
Zinzolin est redoutable !
Est-ce bien raisonnable ?
Et la faute à qui ? `
À la belle Sylvie !
et v’là-ti pas que Pascale nous rejoint,
et aussi Nicolaï nous revient !!!!
Quant au Roi Jean-Louis
il en est encore tout attendri !
 
« Partons Nicolaï, s’écria Annette, de mots je n’en peux plus, la montgolfière nous attend pour notre voyage de noces ».
 
Nicolaï s’affole : « Qu’apprends-je? Les bans sont publiés? Alors, Zinzolin et Garance?
Mais de quelle montgolfière décousue est-elle tombée, la belle Garance? éclairez-moi, Qui seront les invités? Les demoiselles d’honneur seront vêtues mi- garance mi zinzolin? Ceci sera quelque chose d’éblouissant, alors ! Confirmez, seulement, et je préviens les lutins malins, les trolls de l’école, et Karikou, qui connait tout le monde et dira tout !
 
Annette était bien triste : Nicolaï n’avait rien compris. Elle parlait de leur voyage de noces et lui l’embrouillait avec le mariage de Garance et zinzolin. D’où sort-il cette Garance ? Est-elle celle qui se faisait passer pour Annette dans la tour ? Quel embrouillamini ! En soupirant à pierre fendre, elle leva les yeux au ciel. Il était redevenu sinistre. Le vautour de retour qui avait juré de se venger se mit à tournoyer autour d’eux. Il s’approcha de plus en plus. Il piqua de son bec recourbé le crâne de Nicolaï, lui arracha une touffe de cheveux. Annette regretta d’avoir jeté sa baguette de bette magique. Elle n’est pas rancunière et voulait secourir Nicolaï qui ne méritait pas un tel traitement ! Mais il lui restait son regard gris vert. Elle le planta dans celui du rapace et le transforma aussitôt en Albatros, la machine volante de Robur le Conquérant. Puisque Nicolaï préférait marier Garance à zinzolin, puisqu’il ne l’aimait plus, Annette sauta dans la machine volante pour de nouvelles aventures mirobolantes.
FIN.Image

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